Alain Minc est personnage suprêmement intelligent et supérieurement doué.

La preuve ? S’il décide un beau matin de devenir philosophe, il commence un livre de philosophie le soir même sans craindre un instant de se confronter à un des plus grands philosophes de tous les temps.

C’est ainsi qu’Alain Minc en personne décida d’honorer Baruch Spinoza d’un ouvrage. Lequel parut en octobre. Quelques mauvais esprits se demandèrent cet homme suroccupé , à l’esprit encombré de maintes spéculations, avait trouvé le temps d’écrire.

Une première réponse avait été donnée par un article discret du Monde des Livres, qui évoquait des emprunts faits à un autre auteur.

Une seconde réponse, plus précise, nous est venue de Bordeaux. Il se trouve que Patrick Roedel, auteur en 1977 d’une Biographie imaginaire de Spinoza, a eu la surprise de trouver dans l’ouvrage d’Alain Minc 36 emprunts à son propre texte, allant de quelques mots à 27 lignes, et même le texte d’une lettre inventée par le premier auteur et reprise par le second comme document authentique ! C’est pourquoi Patrick Roedel et les Editions Climats ont assigné Alain Minc et son éditeur Gallimard devant le tribunal de grande instance de Paris, avec demande de dommages et intérêts pour contrefaçon.

Cette information, diffusée par l’AFP le 3 mai, n’a pas eu l’écho qu’elle méritait. Trop de personnages publics pratiquent ou font pratiquer le pillage méthodique par des copistes assez habiles pour que la justice ne puisse être saisie. Cette fois, il semble que la main de Minc, ou de l’homme de main de Minc, ait été prise dans le sac.

 

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Article publié dans le numéro 751 de « Royaliste » – 29 mai 2000