On connaît la boutade qui vise celui qui, parti de rien, n’est arrivé nulle part. A observer Alain Minc en compagnie de Stéphane Marchand (1), on s’aperçoit qu’il a quitté une position sociale très honorable pour aboutir à un néant.

Fils de héros (un père et une mère du peuple communiste, exemplairement résistants) doué au point de faire l’ENA, promis aux plus hautes fonctions dans l’Etat, cet homme qui se croit parvenu au sommet de l’influence et de la gloire parce qu’il soupe, tenez-vous bien, avec Bernard-Henri Lévy et François Pinault, n’a cessé de glisser sur la mauvaise pente : il a renié sa tradition ouvrière, renoncé immédiatement au service de l’Etat, abandonné la gauche (jeune, il se déclarait mendésiste) pour devenir premier valet du néo-capitalisme, et plumitif en chef de la « pensée unique ».

Mais l’idéologie dominante n’est pas une pensée, et Alain Minc ne pense pas : c’est un marchand d’illusion, un sophiste à l’ancienne, un médiocre copiste qui va être traîné en justice pour une sale affaire de plagiat.

L’étude soigneusement documentée de Stéphane Marchand permet de faire froidement le compte des erreurs, des médiocrités, des trahisons qui entrent dans la composition de ce très classique personnage de la vie parisienne : le raté médiatique, la nullité mondaine, le ludion salonnard.

Alain Minc ? Pas même un sujet de roman.

***

(1) Stéphane Marchand, Le Commerce des illusions, JC Lattès, 1999.

 

Article publié dans le numéro 752 de « Royaliste » – 12 juin 2000