Vérité oubliée par les « gouvernances » privées : ce sont les employés qui créent la richesse de l’entreprise et qui font vivre ses dirigeants. Lorsque les hauts responsables font des erreurs, ce sont pourtant les salariés qui sont les premiers sacrifiés : licenciements, réductions de salaires, délocalisations.

Nous ne sommes pas dans un roman marxiste, mais chez Airbus. Fautes graves dans la direction de l’entreprise, soupçons de délit d’initié, parachute doré pour Noël Forgeard : au lieu de chasser les incompétents, les escrocs et les profiteurs, on licencie 10 000 personnes et on a réduit à une somme dérisoire la prime de participation.

La grève a été la réponse à ces provocations inouïes. Mais ce mouvement de colère n’a pas suffi. Le jour même où les salariés d’Airbus de Nantes et de Saint-Nazaire votaient la poursuite de leur mouvement, le 4 mai, les actionnaires d’Airbus décidaient que la totalité du bénéfice net (99 millions d’euros) serait intégralement versée sous forme de dividende. L’Etat et Arnaud Lagardère ont renoncé à toucher leur part pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. Mais la décision demeure et l’incendie ne s’éteindra pas.

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Article publié dans le numéro 904 de « Royaliste » – 2007